9 conseils pour améliorer votre équilibre en Yoga

améliorer équilibre en yoga

L’équilibre fait partie (avec l’immobilité, le souffle, les inversions, la verticalité et l’ouverture des hanches) de ce que j’appelle les “6 explorations de base” d’une pratique de yoga. Il constitue un espace avec lequel vous devez vous familiariser. Au-delà des a priori voire des craintes qu’il peut susciter, c’est un espace que vous devez apprendre à aimer. Développer l’équilibre, c’est développer la stabilité, le calme et le recul, la capacité de concentration, la capacité d’introspection.

Que ce soit sur les pieds, sur les mains, sur la tête…l’équilibre en yoga est omniprésent et est parfois mis à rude épreuve.

N’étant pas à la base très ancrée et ayant de plus subi il y a une dizaine d’années une opération qui m’avait laissé une jambe et une hanche droites toutes faiblardes, j’ai dû beaucoup chercher les clés d’un retour vers l’équilibre. Ceci m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur la question qui m’ont finalement permis de m’améliorer.

Je vous livre aujourd’hui quelques trucs et réflexions qui m’ont aidée. J’espère que cela vous sera utile.

Les deux premiers points concernent les postures d’équilibre sur un pied. Les 3 autres points sont applicables pour toutes les postures d’équilibre.

1) Plantez vos racines

Position-arbre

Vu qu’une des postures d’équilibre les plus répandues s’appelle l’arbre (Vrksasana), cette première réflexion ne vous apparaîtra peut-être pas comme l’invention du fil à couper le beurre. Néanmoins, c’est une image qui m’a été très utile. Et on peut parfois l’oublier: faire la posture de l’arbre, c’est … se mettre dans la peau d’un arbre.

Quoiqu’il en soit, dans toutes les postures d’équilibre sur un pied, imaginez que les racines représentent la partie du corps qui va du bassin jusqu’aux pieds. Plantez les pieds dans le sol et, pour reprendre l’expression d’une de mes professeurs, “plantez le sacrum dans les talons”. Gardez une grande présence dans la jambe de soutien et le bassin et maintenez fermement le Mula Bandha (contraction du sphincter externe de l’anus).

Une autre image qui m’a aidée est de planter “muladhara” dans le sol. Le muladhara cakra est le cakra de la base. Il se situe au niveau de l’anus. On l’appelle aussi le cakra RACINE. Imaginez que des racines partent du muladhara pour se planter dans la terre.

Gardez toujours un lien entre votre base (le muladhara), votre pied de soutien et la terre.

2) Un petit exercice pour développer ses racines

Placez-vous dans Tadasana, la “posture de la montagne” ou dite aussi la “posture debout”. Gardez les pieds joints ou légèrement écartés mais parallèles. Gardez les bras le long du corps ou  légèrement écartés avec jnanamudra (çàd joignez le pouce et l’index et gardez les trois autres doigts tendus).

En gardant les pieds bien plantés dans le sol, imaginez que vous voulez “visser” vos cuisses dans le sol. C’est comme si vous vouliez tourner la cuisse droite vers la droite et la cuisse gauche vers la gauche, mais que vos pieds, en restant bien l’un contre l’autre s’opposent à ce mouvement.

En réaction à ce mouvement, vous pourrez sentir plusieurs choses :

– la sensation que les muscles des fesses tirent votre sacrum vers le bas

les muscles du bas ventre (le transverse) qui se contractent pour s’opposer à l’ouverture des hanches

le sphincter de l’anus et le périnée et le bas-ventre qui remontent.

une sensation d’ancrage et de solidité, comme si les deux jambes et le bassin ne faisaient plus qu’un seul bloc

Faites attention à ne pas exagérer le mouvement, ce qui pourrait vous amener à “projeter” le ventre vers l’avant et à affaisser la colonne vertébrale.

3) Détendez-vous

Pensez à baisser les épaules et à détendre les coudes. Si vos racines sont ancrées et solides, pensez néanmoins à détendre. Le haut du corps est léger (comme les feuilles de l’arbre).

4) Gardez une respiration abdominale

Il arrive souvent de voir la respiration « monter » en même temps que les épaules. Calmez le souffle, ne le bloquez pas. Et respirez dans le ventre. Sentez le lien entre le va-et vient du diaphragme et votre base.

5) Concentrez le regard sur un point

Fixez intensément le regard sur un point à l’horizontale et ne bougez plus le regard.

6) Restez centré sur vous-même

S’il arrive que, dans un cours collectif, les gens jettent un oeil sur ce que fait leur voisin, c’est bien pendant les postures d’équilibre. Mais comment il fait, ce voisin de tapis, pour tenir aussi facilement, aussi longtemps? Et que va-t-il penser de vous alors que vous tremblez au bout de 5 secondes, que vous avez besoin du mur, ou que vous vous cassez la pipe ? Et bien , devinez quoi, ce fameux voisin pense à lui, à ce qu’il est en train de faire, à sa respiration…et il ne pense sûrement pas à vous. Alors, faites de même, restez centré sur vous, vos sensations, votre respiration, votre détente…

7) La peur de tomber

Il existe une loi universelle qui dit ceci : “La chose est la solution à la peur de la chose”.

Si on traduit cette loi par rapport à l’équilibre et au fait de tomber, ça donne ceci :“Tomber est la solution à la peur de tomber”

Comment est-ce possible ?

Lorsque j’ai peur de quelque chose, je dépense beaucoup trop d’énergie. Or la vie dépend de cette énergie et la mort survient quand nous avons dépensé tout notre carburant.

Les yogis appellent PRANA l’énergie vitale. Quand Prana pénètre un corps, celui-ci naît à la vie. Quand Prana s’en va, l’individu meurt.

Si, par ma peur, je mets en péril ma propre survie en gaspillant toute mon énergie, mon inconscient va mettre en place la solution qui va me permettre de faire chuter instantanément le niveau de stress.

Souvenez-vous lorsque, enfant, vous avez appris à rouler en vélo. Tant que vous étiez en train de pédaler, la peur de tomber montait et montait et montait jusqu’au moment où … patatra, vous vous retrouviez par terre. Une fois par terre, vous aviez peut-être un bobo mais, ce qui est sûr, c’est que vous n’aviez plus peur. Instantanément, le stress a chuté. Par la suite, à force de vous entraîner et de constater que vous n’aviez aucune raison d’avoir peur, vous avez acquis pour la vie la capacité de rouler en vélo.

Observez-vous au quotidien. Vous verrez que vous pourrez appliquer ce principe à toutes vos peurs.

8) Mettez-vous dans la peau de …

Comme je l’ai dit plus haut, faire la posture de l’arbre, c’est se mettre dans la peau d’un arbre. Faire la posture de l’aigle, c’est voir, entendre, ressentir… ce que voit, entend et ressent… un aigle. C’est devenir un aigle.

9) Gardez le sourire

SmileLes postures d’équilibre, c’est aussi parfois le moment du cours collectif où on entend pester ou souffler. Damned, ça ne tient pas ! Ce coup-ci c’est la bonne… et patatra…Et bien non ce n’était pas encore la bonne…

Le progrès vient d’un subtile mélange entre la volonté et la saveur, entre la concentration et la légèreté.

Le yoga est un outil au service de votre liberté alors ne faites pas de vous l’esclave d’un idéal à atteindre.

Observer vos difficultés qui ne sont rien d’autre qu’un indicateur de ce que vous avez besoin de faire progresser pour vous sentir de mieux en mieux. Observez aussi les bienfaits et réjouissez-vous. Gardez le sourire, de l’humour et de la compassion. Ce n’est jamais qu’une posture de yoga….

 

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